Pourquoi est-il parfois si difficile de perdre du poids ? Découvrez les mécanismes biologiques, hormonaux et...
Pourquoi perdre du poids est-il si difficile ? Ce que la science nous apprend.
Avez-vous déjà eu l’impression que votre corps résistait lorsque vous tentiez de perdre du poids ? Les premières semaines peuvent être encourageantes, puis la perte ralentit, la faim évolue et maintenir de nouvelles habitudes peut devenir plus difficile.
Une chose est importante à retenir : la perte de poids ne dépend pas uniquement de la volonté.
Notre poids est influencé par de nombreux facteurs : alimentation, activité physique, sommeil, environnement, prédispositions génétiques, hormones, mais aussi par les mécanismes que notre organisme met naturellement en place lorsque ses réserves énergétiques diminuent.
L’obésité est aujourd’hui considérée comme une maladie chronique complexe. Sa prise en charge peut reposer sur une évolution des habitudes de vie mais, selon les situations, également sur des traitements médicamenteux de l’obésité (TMO) ou sur une chirurgie bariatrique.[1]
Quels que soient le parcours et les moyens mis en œuvre, comprendre ce qui se passe dans l’organisme au cours d’une perte de poids permet de mieux appréhender les difficultés rencontrées et de rester attentif à un enjeu essentiel : perdre du poids tout en préservant sa santé et son équilibre nutritionnel.
1. Pourquoi notre organisme peut-il résister à la perte de poids ?
Notre cerveau joue un rôle essentiel dans la régulation des réserves énergétiques. L’hypothalamus reçoit notamment différents signaux provenant de l’organisme et participe à la régulation de la faim, de la satiété et des dépenses énergétiques.
Lorsque le poids diminue, l’organisme peut mettre en place différents mécanismes d’adaptation.
Une fourchette de poids que l’organisme tend à défendre
Certaines théories scientifiques évoquent la notion de « point de consigne », ou set-point. Il ne s’agit pas d’un poids précis déterminé une fois pour toutes, mais plutôt d’un modèle permettant d’expliquer pourquoi l’organisme peut avoir tendance à défendre une certaine quantité de réserves énergétiques.
La régulation du poids reste cependant beaucoup plus complexe et dépend de nombreux facteurs :
- les prédispositions génétiques ;
- l’environnement ;
- les habitudes alimentaires ;
- l’activité physique ;
- l’histoire pondérale ;
- les mécanismes hormonaux et métaboliques.
La perte de poids peut donc provoquer des adaptations destinées à limiter la diminution des réserves de l’organisme.
Une « mémoire » de l’obésité ?
Des travaux scientifiques récents vont même plus loin.
Une étude publiée en 2024 dans la revue Nature a montré que le tissu adipeux humain pouvait conserver certaines modifications de l’expression des gènes après une perte de poids importante. Chez l’animal, les chercheurs ont également observé la persistance de modifications épigénétiques dans les cellules graisseuses.[2]
Ces résultats ne signifient pas que la reprise de poids est inévitable. Ils suggèrent cependant que l’organisme peut conserver certaines traces biologiques d'un état d'obésité antérieur, ce qui pourrait contribuer à expliquer pourquoi le maintien d’une perte de poids représente parfois un défi sur le long terme.
2. Pourquoi la perte de poids ralentit-elle parfois ?
On présente souvent la perte de poids comme une simple équation entre l’énergie consommée et l’énergie dépensée.
L’équilibre énergétique reste bien sûr essentiel, mais nos dépenses énergétiques ne sont pas constantes.
Lorsque le poids diminue, le corps devient notamment plus léger et nécessite moins d’énergie pour fonctionner et se déplacer.
À cela peut s’ajouter un phénomène appelé adaptation métabolique ou thermogenèse adaptative.
Le corps peut réduire certaines dépenses énergétiques
Lors d’une restriction énergétique, en particulier lorsqu’elle est importante ou prolongée, l’organisme peut diminuer une partie de ses dépenses.
Cette adaptation peut concerner :
- le métabolisme de repos ;
- la thermogenèse ( processus biologique par lequel l'organisme produit de la chaleur) ;
- les mouvements spontanés réalisés au cours de la journée ;
- plus globalement, l’énergie dépensée quotidiennement.
Cela ne signifie pas que le corps « bloque » totalement la perte de poids. En revanche, celle-ci peut progressivement ralentir et connaître des phases de plateau.
C’est aussi pourquoi une stratégie très restrictive n’est pas nécessairement synonyme de meilleurs résultats à long terme.
La perte de poids ne concerne pas uniquement la masse grasse
Lors d’une perte de poids, l’objectif est généralement de réduire principalement la masse grasse. Pourtant, une partie de la masse maigre, notamment musculaire, peut également être perdue.
Préserver sa masse musculaire représente donc un enjeu important.
Cela est particulièrement pertinent lorsque les apports alimentaires diminuent fortement, ce qui peut notamment être le cas après une chirurgie bariatrique ou sous certains traitements médicamenteux de l’obésité.
Une alimentation adaptée ainsi qu’une activité physique régulière, incluant lorsque cela est possible du renforcement musculaire, participent à la préservation de la masse musculaire.
3. La faim et la satiété sont aussi une histoire d’hormones
La faim n’est pas uniquement liée à la volonté ou aux habitudes alimentaires.
Elle est régulée par un ensemble complexe de signaux nerveux et hormonaux. Parmi eux figurent notamment la ghréline et la leptine.
La ghréline : l’hormone de la faim
La ghréline est une hormone principalement produite par l’estomac et impliquée dans la sensation de faim.
Son taux évolue notamment au cours de la journée et autour des repas. Des modifications de certains signaux hormonaux impliqués dans l’appétit peuvent également survenir au cours d’une perte de poids.
Cela participe à expliquer pourquoi maintenir une restriction alimentaire peut devenir plus difficile avec le temps.
La leptine : l'hormone de la satiété
La leptine est principalement produite par le tissu adipeux. Elle contribue à informer le cerveau sur les réserves énergétiques dont dispose l’organisme.
Lorsque la masse grasse diminue, les concentrations de leptine diminuent également. L’organisme peut alors répondre en favorisant l’appétit et en adaptant certaines dépenses énergétiques.
Ces mécanismes montrent une nouvelle fois que les sensations alimentaires sont en partie régulées par notre physiologie.
4. Les traitements médicamenteux de l’obésité modifient-ils ces mécanismes ?
La prise en charge de l’obésité a considérablement évolué ces dernières années avec l’arrivée de nouveaux traitements médicamenteux.
Parmi eux figurent notamment les médicaments agissant sur la voie du GLP-1, une hormone impliquée entre autres dans la régulation de l’appétit et de la glycémie.
Ces traitements peuvent augmenter la sensation de satiété, ralentir la digestion et conduire à une diminution des prises alimentaires.[3]
Ils ne constituent cependant pas une solution isolée.
La prise en charge de l’obésité reste globale et associe notamment un suivi médical, une alimentation adaptée, une activité physique régulière et, selon les besoins, un accompagnement nutritionnel.[1][3]
Lorsque l’appétit diminue fortement, la qualité des apports devient essentielle
Sous traitement médicamenteux de l’obésité, certaines personnes peuvent ressentir une diminution importante de l’appétit.
Manger moins peut alors rendre plus difficile la couverture de certains besoins nutritionnels si l’alimentation n’est pas adaptée.
Au-delà de la perte de poids elle-même, il devient donc important de rester attentif notamment :
- à la qualité des aliments consommés ;
- aux apports en protéines ;
- à l’hydratation ;
- au maintien de la masse musculaire ;
- et plus globalement à l’équilibre nutritionnel.
Le traitement doit s’inscrire dans un parcours médical et faire l’objet d’un suivi adapté à chaque personne.
5. Après une chirurgie bariatrique, des besoins spécifiques apparaissent
La chirurgie bariatrique constitue une autre modalité de traitement de l’obésité dans certaines situations et selon des indications précises.
Elle entraîne des modifications importantes de l’alimentation. Selon la technique chirurgicale utilisée, elle peut également modifier la digestion ou l’absorption de certains nutriments.
Les quantités consommées sont généralement considérablement réduites après l’intervention et l’alimentation évolue progressivement.
Un suivi qui doit se poursuivre dans le temps
La Haute Autorité de Santé souligne l’importance du suivi après une chirurgie bariatrique. Ce suivi vise notamment à accompagner l’évolution de l’alimentation et à prévenir ou identifier d’éventuelles complications, notamment nutritionnelles.[1][4]
Une vigilance particulière peut être nécessaire concernant :
- les apports en protéines ;
- les vitamines et les minéraux ;
- l’hydratation ;
- la masse musculaire ;
- la tolérance digestive.
La perte de poids importante qui peut suivre une chirurgie ne doit donc pas faire oublier un objectif tout aussi essentiel : apporter à l’organisme les nutriments dont il a besoin malgré des quantités alimentaires réduites.
6. Sommeil, stress et environnement : des facteurs également importants
L’alimentation et les mécanismes métaboliques ne sont qu’une partie de l’équation.
Notre sommeil, notre stress et notre environnement quotidien peuvent eux aussi influencer nos comportements alimentaires et, plus largement, la gestion du poids.
Le sommeil participe à la régulation de l’appétit
Un sommeil insuffisant ou de mauvaise qualité peut perturber plusieurs mécanismes impliqués dans la régulation de l’appétit.
Après une mauvaise nuit, certaines personnes peuvent notamment ressentir davantage la faim ou être plus attirées par des aliments riches en énergie.
Prendre soin de son sommeil fait donc pleinement partie d’une démarche globale de santé.
Le stress peut également influencer notre alimentation
Lors d’une situation de stress, notre organisme libère différentes hormones, dont le cortisol.
Lorsque le stress devient chronique, il peut notamment perturber le sommeil et modifier les comportements alimentaires chez certaines personnes.
L’objectif n’est donc pas uniquement de regarder ce qui se trouve dans l’assiette, mais d’aborder le parcours de manière plus globale.
7. Notre environnement influence aussi nos choix alimentaires
La difficulté à réguler son poids n’est pas uniquement individuelle.
Nous évoluons dans un environnement où les aliments très énergétiques et ultra-transformés sont largement disponibles.
Une étude clinique contrôlée menée aux États-Unis a comparé une alimentation composée d’aliments ultra-transformés avec une alimentation peu transformée. Dans les conditions de cette étude, les participants ont spontanément consommé davantage de calories avec l’alimentation ultra-transformée et ont pris du poids pendant cette période.[5]
Ces résultats illustrent à quel point la composition et les caractéristiques des aliments qui nous entourent peuvent influencer spontanément nos prises alimentaires.

Comment accompagner durablement une perte de poids ?
Il n’existe pas une seule manière de perdre du poids.
Certaines personnes seront accompagnées principalement par des changements d’habitudes de vie. D’autres pourront bénéficier, lorsque cela est indiqué, d’un traitement médicamenteux ou d’une chirurgie bariatrique.
Dans tous les cas, quelques principes restent essentiels.
Ne pas rechercher la restriction à tout prix
Manger toujours moins n’est pas nécessairement la meilleure stratégie.
L’alimentation doit continuer à répondre aux besoins de l’organisme, particulièrement lorsque les quantités consommées diminuent fortement.
Accorder de l’importance à la qualité des apports
Lorsque l’on mange moins, ce que l’on mange prend encore davantage d’importance.
Les apports en protéines, vitamines, minéraux, fibres et liquides doivent notamment être adaptés aux besoins individuels et au parcours de chacun.
Préserver sa masse musculaire
L’activité physique régulière est bénéfique bien au-delà de son effet sur le poids.
Lorsqu’elle est adaptée à la situation et aux capacités de la personne, elle contribue notamment au maintien des capacités physiques et de la masse musculaire.
Accepter que le parcours ne soit pas toujours linéaire
Le poids peut évoluer différemment d’une personne à l’autre et connaître des phases de ralentissement ou de stabilisation.
Ces évolutions ne doivent pas nécessairement être considérées comme un échec.
S’inscrire dans un suivi adapté
L’obésité étant une maladie chronique complexe, son accompagnement doit être personnalisé.
Après une chirurgie bariatrique comme dans le cadre d’un traitement médicamenteux de l’obésité, le suivi par les professionnels de santé est indispensable afin d’adapter la prise en charge, de surveiller l’état de santé et d’identifier d’éventuels besoins nutritionnels spécifiques.
À retenir
Perdre du poids n’est pas uniquement une question de volonté.
Notre organisme adapte son fonctionnement lorsque ses réserves diminuent : la dépense énergétique peut évoluer, les signaux de faim et de satiété se modifier et le maintien d’une perte de poids peut demander du temps.
Aujourd’hui, les parcours de prise en charge sont également multiples. Changements des habitudes de vie, traitements médicamenteux de l’obésité ou chirurgie bariatrique peuvent intervenir selon la situation de chaque personne.
Mais quel que soit le parcours, la perte de poids ne doit pas être envisagée uniquement à travers le chiffre affiché sur la balance.
Préserver la masse musculaire, couvrir ses besoins nutritionnels et maintenir un bon état de santé sont tout aussi essentiels.
Comprendre ces mécanismes permet ainsi de mieux accompagner son organisme et d’aborder la perte de poids comme un véritable parcours de santé.
Sources
Nous ne sommes pas des médecins, et tous ces conseils nutritionnels sont donnés à titre indicatif.
En cas de questions ou de problèmes, consultez votre médecin. Les compléments alimentaires doivent être utilisés dans le cadre d'une alimentation variée, équilibrée, d'un mode de vie sain et tenus hors de portée des enfants. Les personnes sous contrôle médical, les femmes enceintes ou allaitant doivent demander conseil à leur médecin avant de prendre un complément alimentaire. Il est conseillé de respecter la dose journalière indiquée. Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière. http://www.mangerbouger.fr/
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